Le 01/03/2010
En tôle ondulée ou montagne russe, les statistiques mensuelles du chômage traduisent la difficulté à relancer la machine à créer des emplois, faute de croissance notamment. Le chômage de longue durée croît fortement. Plus d'un chômeur sur 3 est sans emploi depuis plus d'un an.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde parle de tôles ondulées pour caractériser l'évolution mois après mois des chiffres de l'emploi. Après un mois de décembre où le chômage reculait légèrement, 2010 commence avec une hausse mensuelle de 0,7 % du nombre des demandeurs d'emplois de catégorie A. Cela représente 19 500 chômeurs supplémentaires pour atteindre 2,664 millions de personnes. Sur un an, la hausse est de 16,1 %, inférieure à la hausse annuelle observée fin décembre (18,5 %).
Les motifs d'entrées dans les statistiques du chômage indiquent que dans 23.1 % des cas, il s'agit de la fin d'un contrat à durée déterminée. Les statistiques détaillées montrent que la hausse concerne aussi bien les hommes (+ 0,9 % en janvier par rapport à décembre 2009) que les femmes (+ 0,5 %). Le chômage des moins de 25 ans a reculé de - 0,2 %. Pour Christine Lagarde, cela « reflète le retour à une croissance positive et les effets de la relance de l'apprentissage mise en œuvre par les pouvoirs publics ». Ainsi, le nombre d'offres d'emplois collectées par Pôle Emploi augmente sensiblement en janvier. Avec 272 700 nouvelles offres, la hausse est de 6,9 % sur un mois et de 16,8 % par rapport à janvier 2009. Des chiffres à modérer, cette hausse étant essentiellement due à des offres d'emplois occasionnels (moins d'1 mois).
Le chômage de longue durée explose
Plus inquiétant pour le gouvernement qui ne commente pas la nouvelle dans son communiqué de presse, mais aussi pour les partenaires sociaux : le nombre de chômeurs de longue durée continue d'augmenter. Ainsi, la part des chômeurs depuis plus d'un an dans le total croît. Ils représentaient 30 % du total en janvier 2009, ils étaient 33,8 % en janvier 2010. En un mois, le nombre de chômeurs depuis 1 à 2 ans a augmenté de 3,1 % (en un an, la hausse est de 40,2 %). Pour les demandeurs d'emplois de 2 à 3 ans, la hausse mensuelle est de 3,1 % (+ 27,7 % en un an). Pour les chômeurs de plus de 3 ans, la croissance est respectivement de 1,8 % et 9,1 %. C'est dire si la question de l'indemnisation des chômeurs en fin de droit risque d'être sensible politiquement et socialement.
Source : L'usinenouvelle.com, Christophe Bys, 25/02/2010